Une journée de Pêche en Écosse

L’Écosse, pays aux paysages bruts et au caractère fort.

Connue pour ses vallées et ses lochs mystiques, elle possède d’autres facettes méconnues, la rendant encore bien plus accueillante. Ce matin là, je prends la route des Trossachs, région romantique aux 1000 lochs étincelants et aux collines boisées. Les Highlands en miniature les appelle-t-on. À seulement 1H30 d’Édimbourg ou de Glasgow, c’est une région idéale pour une excursion d’un weekend. Sur le chemin, il m’est difficile de ne pas m’arrêter à chaque virage tellement le paysage est époustouflant… mais je ne dois pas trainer, je suis attendu ! Le trajet me laisse le temps d’apprécier le magnifique soleil qui brille dans un ciel bleu sans nuage…chance ou préjugé ? Je me laisse le bénéfice du doute.

Bientôt, une étendue d’eau m’apparaît, je la devine être le Loch Achray. Situé dans le domaine de Tigh Mor, il est l’un des plus petits lochs du parc national des Trossachs. Réputé comme étant très poissonneux, c’est le lieu idéal pour notre activité du jour, la pêche à la mouche. Oui oui, qu’allais-je donc faire dans cette galère me diriez-vous ? Il m’était inconcevable de repartir d’Écosse sans avoir testé cette discipline tant appréciée ici. Et ce n’est pas anodin : peu de sport combine environnement paisible, réflexion, patience et quelques montées d’adrénaline. «Le roi des poissons », autrement dit le saumon, y est d’une qualité rare et nous aurons peut être la chance d’en pêcher aujourd’hui.
Un homme nous attend. Il doit être Moris, un sacré personnage. Pêcheur professionnel passionné et grand spécialiste du monde aquatique écossais,  vous ne trouverez pas plus authentique dans la région !

Le visage souriant, il m’accueille chaleureusement et m’invite à le suivre dans la petite cahute sur le bord du lac. Bien aménagée, elle offre une vue imprenable sur l’étendue d’eau.  Mon hôte, attentionné et habitué à recevoir, me propose thé et café avant de m’exposer le programme de la journée: après l’exposition de quelques règles essentielles, nous nous équiperons puis je débuterai mon initiation par la pêche à la truite, poisson d’eau douce pouvant atteindre les 10 kg ! Espérons que mes petits bras suffisent…

Si nous avons la chance d’en capturer, Moris me les cuisinera pour notre déjeuner ! Ensuite, nous rejoindrons cet après-midi une rivière située à 10 minutes d’ici, pour nous immerger sur le territoire du saumon. Je sais donc ce qu’il me reste à faire. Déterminé comme jamais, j’enfile la salopette étanche puis les botes que mon mentor me prête pour la journée. J’empoigne ma canne à pêche et nous nous dirigeons vers le lac. Nous ne sommes pas les seuls à vouloir profiter de cette belle journée, d’autres amis pêcheurs, que Moris à l’air de bien connaître, s’engagent sur le lac à bord de leur barque. Pour ma part, je me contenterai du bord !
 
Ma première leçon débute par l’explication du mouvement de base, le coup droit, pouvant être employé dans toutes les situations. Le principe est simple : par une succession de flexions de l’avant bras d’avant en arrière, il me faut imiter les mouvements de l’insecte à la surface de l’eau. Et oui ! La pêche à la mouche demande de la précision. Alors que je m’attèle à répéter le mouvement que Moris vient de m’apprendre, il m’explique que la pêche à la mouche est surement la technique de pêche la plus éthique. Basée sur le savoir faire et la patience, les chances entre pêcheur et péché sont partagées : j’aime cette philosophie. Étant plutôt bon élève, Moris s’installe à coté de moi et lance à son tour le fil de soie. Comme deux vielles connaissances, nous échangeons sur la vie et profitons de cet instant hors du temps en pleine nature…

En fin de matinée, arrive enfin le moment temps attendu ! D’une main de maitre, Moris extrait hors de l’eau une belle truite brune de taille moyenne, l’espèce la plus commune des plans d’eau écossais. En ni une, ni deux, mon mentor la libère de l’hameçon et la plonge dans son filet ! Notre déjeuner est assuré !
Le lac est, aux dires de Moris, « extrêmement » généreux aujourd’hui. Quand l’heure du déjeuner arrive enfin, nous comptons trois truites prêtes à se faire braiser, dont l’une d’entre elle, pêchée par l’apprenti (plutôt efficace je dois dire) que je suis. Très organisé, Moris allume un feu tandis que je commence à préparer les poissons. Je les vide et lave avec application. De son coté, mon professeur émince deux échalotes, et coupe un citron en rondelles. Nous fourrons nos prises et les entourons de papier alu, après que mon acolyte les ait saupoudrées d’un mélange d’épices et d’herbes dont lui seul a le secret. Nous les déposons enfin sur la grille, sur un feu crépitant.  Et bien c’est un délice ! Une chaire tendre et assaisonnée à point.

Nous sommes requinqués pour un après midi s’annonçant aussi passionnant que la matinée. Nous reprenons la voiture et nous nous dirigeons vers la rivière Allan, réputé pour ses saumons sauvages. Nous rentrons dans le vif du sujet ! Moris m’explique que la pêche au saumon est plus technique que celle de la truite. C’est un poisson peureux qu’il faut savoir appréhender. Les pêcheurs profitent de leur migration: les saumons sortent des océans et remontent les rivières pour aller pondre à l’endroit où ils sont nait, phénomène appelé ici le « Homing ». Ils sont donc déterminés ! Pour ne pas me dépayser, j’utilise la même technique de lancer que ce matin, le coup droit. Moris lance son fil de soie le premier pour me montrer. L’idée est de déposer sa mouche en amont du courant, pour que celle ci puisse être emportée et tout en descendant la rivière, leurrer le poisson. Ça paraît simple comme ça n’est-ce-pas ? Et bien détrompez-vous ! Il me faut 10 bons essais avant d’atteindre mon objectif avec précision. À la différence de la pêche à la ligne, statique, la pêche à la mouche demande agilité et dynamisme ! Le soleil n’est pas notre allié, il trahit notre présence. Notre stratégie suffira-t-elle pour capturer le farouche poisson-roi ?

Après 3 heures de contemplation, je sens ma canne se tendre. Sacré bleu ! J’ai un saumon au bout de la ligne ! Mon mentor me détaille la marche à suivre : avec délicatesse, remonter la prise en suivant ses mouvements, elle s’épuisera toute seule. C’est un petit spécimen, idéal pour une première prise. Satisfaits, nous décidons de mettre fin à ce bel après-midi.
Cette journée m’a fait réaliser la vraie dimension du pêcheur, du chasseur, du piégeur. Pratique de survie hier et sport de passion aujourd’hui, c’est avant tout le respect pour l’animal qui dicte leur conduite et qui font d’eux de véritables acteurs dans le maintien de la biodiversité.

Nous remballons notre matériel, et nous nous dirigeons vers notre véhicule. Retour sur les berges du Loch Achray, où je quitte avec regrets Moris. Personnage haut en couleur, il m’a transmis sa passion le temps d’une journée, et s’est révélé être un très bon professeur. Si je reviens un jour pêcher dans les lochs et rivières écossais (et je l’espère très bientôt), Je referai appel à lui sans aucun doute !
Après cette journée bien remplie, il ne reste plus qu’à rejoindre l’endroit, assez insolite, où je passerai la nuit. Moi qui est toujours voulu dormir dans la forêt ! Connaissez-vous le glamping ? Bon d’accord je triche un peu… Mais ce mode d’hébergement de plus en plus recherché est en pleine nature, et est respectueux de l’environnement, oui oui !
Après l’heure de route qui sépare le domaine de Tigh Mor au Loch Tay Highland Lodges où je réside cette nuit, j’arrive à destination. En plein cœur du Perthshire, le cadre est splendide : montagnes, lochs, rivières, tout y est ! Je me presse à l’accueil où l’on me remet les clés de mon pavillon ou « wigwam » pour la nuit

Ces cabanes construites en Scandinavie allient confort et dépaysement, tout ce dont j’ai besoin après cette riche journée. La mienne est légèrement isolée, avec une vue imprenable sur le Loch Tay, le plus grand loch de la région et l’un des plus profonds en Écosse.
 
C’est sur cette vue magnifique que je conclus cette journée magique. 

Vous souhaitez organiser un voyage sur mesure en Écosse, n’hésitez pas à contacter Emmanuelle au 01 77 01 86 22 !

Cet article est la propriété de ©Mon Plus Beau Voyage – Texte écrit par ©Marie Coupeau pour Richard Servranckx

Crédit photos : ©Inspired by Scotland

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Diplômée d'un master en archéologie de l'Océanie et d'un master dans la valorisation du patrimoine (et passionnée de voyages), j'ai travaillé pendant plus de 10 ans dans la conception de voyages sur mesure et haut de gamme avant de créer la marque Mon Plus Beau Voyage. Aujourd'hui, je suis heureuse d'accompagner mes clients dans la réalisation de leurs rêves de voyageurs...

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