Portraits de nos deux Zellidja

Alexandre, pétillant philosophe en territoire inconnu

Alexandre aura 20 ans en septembre, il habite Toulouse, est originaire de Metz, et part au Japon un peu plus d’un mois avec la Fondation Zellidja. 

Il vient d’une filière scientifique mais veut quitter une certaine posture « de l’apprentissage pour l’apprentissage ». Il veut vivre, goûter, tisser lui même son parcours, bouger, expérimenter, accueillir… Il se redécouvre une passion pour le septième art et sa capacité à raconter et faire vivre des histoires. Et le voyage est déjà partie intégrante de sa vie. 

Voyage immobile lorsqu’il lisait l’été perché dans un gros chêne chez ses parents des romans d’aventure. Voyage dans le temps lorsqu’il déambule dans les époques de la Galerie de l’Evolution retrouvant son âme d’enfant. Voyage prospectif lorsqu’il se voit passer ses vieux jours au 40 coures Frana à Burano, dans une petite maison au bleu profond à l’abri des flots de touristes.  

Depuis quelques temps, il poste les images de ses pérégrinations sur son blog-carnet de bord, « Heureux inconnu », clin dœ’il au voyageur d’Homère, le « personne » qui n’existe pas et qui pourtant, ingénieux et valeureux, se sort de toutes les situations possibles. 

Quand on lui demande sa phrase favorite, il cite sans hésiter Lamartine « La vie est ton navire et non pas ta demeure ». Un parfait candidat donc pour un trip Zellidja. Il a rencontré la Fondation grâce à l’un de ses professeurs de lycée. « J’ai trouvé l’idée superbe et j’ai foncé ». Il a aimé cette dualité du voyage frisson (exploration de l’inconnu) et du chemin éclairé (on ne part pas complètement seul). « Pour moi Zellidja c’est le dépassement de la peur de l’inconnu, ou plutôt son recyclage comme énergie ». Et il a eu raison de foncer, car il est actuellement sur l’île de Honshu au Japon. 

Son pass de train en poche, Alexandre est parti pour Tokyo, Fukui, Kyoto, et surtout le village d’Echizen, haut lieu de la fabrication du washi, le papier traditionnel japonais. Pas d’itinéraire prévu pour notre protégé, qui très philosophe nous disait quelques jours avant de partir « j’ai les destinations mais pas leurs routes. Ce qui est enrichissant c’est la manière d’y parvenir, pas le but. » C’est donc avec la magie de l’improvisation que notre explorateur va concocter son voyage à mesure des rencontres. « Si je vais au Japon c’est pour comprendre comment le mode de vie des japonais a eu une influence sur le design graphique, comment ils sont parvenus à ré-insuffler leurs artisanats traditionnels dans leurs pratiques actuelles ». 

Un étonnant gri-gri va lui coller à la peau pendant tout le voyage. « Je ne suis pas un grand superstitieux, mais pour l’anecdote ma Maman m’a offert un caleçon représentant le drapeau japonais. Je l’ai emmené et tant que je l’aurai, je me souviendrai de ce voyage. ça m’a fait rire mais étrangement, j’y tiens désormais. »

Alexandre Denicourt

Clarisse, créatrice sensible et tous terrains

A 18 ans, silhouette gracile et l’esprit déjà bien affûté, Clarisse a un goût prononcé pour l’analyse, le pragmatisme et les beaux objets. Ses spots favoris traduisent une attirance certaine pour le travail au calme, la concentration, mais aussi les contrastes prononcés : une parcelle d’herbe ensoleillée en bas de son immeuble à Amsterdam près d’un canal, la maison ressourçante de sa grand mère dans le Beaujolais, mais aussi l’immense pays-continent-pléthorique indien (potentiel deuxième voyage Zellidja :-)).  

Après un bac « Arts appliqués » à l’Ecole Boulle à Paris, elle revient de la fameuse école d’art Gerrit Rietveld d’Amsterdam et se prépare à rejoindre la Design Academy de Eindhoven. Son incursion par l’histoire de l’art pendant un an lui a fait comprendre ce qu’elle n’y trouverait pas : chercher des solutions intelligentes applicables à la vie. « Je me suis orientée vers le design pour pouvoir analyser les comportements des gens et trouver des solutions de design pour répondre à des besoins de la vie concrète, par des textures, des espaces, des objets, des vêtements… » Ce qu’elle aime dans le design, c’est pouvoir répondre à des challenges. « Ce que j’ai aimé dans mes études d’art, c’est une manière d’appréhender les choses différemment, de créer un dispositif pour voir les choses autrement… » 

Exactement ce à quoi forme le voyage ! Voyager, voir différemment, être surpris, se sentir différent, dépasser sa timidité, provoquer la rencontre, oser un autre soi-même, être témoin ou acteur de situations qu’on ne voit pas ailleurs, et pouvoir utiliser ces sensations, ces petites victoires et ces apprentissages dans un métier créatif…La boucle est bouclée ! Et la valise aussi : Clarisse vient de partir pour un voyage Zellidja au Chili. Objectifs ? Multiples mais particulièrement étudier la condition des femmes, relier l’art du tissage local à ses études de design, et aussi savoir utiliser son expression favorite à l’enthousiasme communicatif (« c’est chouette ») en espagnol. 

Clarisse 2

 

Cet article a été rédigé par ©Pénélope Rault pour Kilometre.Paris et Mon Plus Beau Voyage

Fondation Zellidja
Photo à la Une : Alexandra Senes prise lors de la Cérémonie 2016 de remise des prix Zellidja aux jeunes boursiers.

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