Tanzanie, du cratère aux rivages de Fanjove avec Laba Laba

Il y a des safaris qui se racontent par la liste des animaux observés. Et puis il y a ceux qui restent parce qu’ils ont dessiné un voyage tout entier : une arrivée dans la lumière douce d’Arusha, le vert profond du cratère du Ngorongoro, les plaines infinies du Serengeti, la poussière ocre soulevée par les Land Rover, avant de finir pieds nus sur une île de l’océan Indien.

C’est cette Tanzanie-là que nous aimons imaginer avec Laba Laba.

Derrière ce nom — « papillon » en yoruba — se trouve l’histoire de Xavier Marie et Julie Brisson, un couple français animé depuis longtemps par l’Afrique. Leurs voyages, leurs rencontres et leur attachement au bush ont peu à peu fait naître un projet singulier : développer des lodges qui ne seraient pas simplement de belles adresses où dormir, mais de véritables lieux de vie, chacun lié à un paysage, à une histoire et à une manière de voyager.

Chez Laba Laba, rien n’a été pensé comme une collection standardisée. Les camps et lodges ont chacun leur personnalité, mais ils partagent une même vision : prendre le temps, voyager avec des guides passionnés, privilégier des lieux préservés, manger une cuisine saine et généreuse, et laisser à la nature la première place.

Julie, décoratrice, apporte à chaque adresse un regard très personnel. Xavier imagine les expériences, les itinéraires et une autre idée du luxe : celui d’un espace immense pour soi, d’un déjeuner sous les arbres, d’un réveil sans autre bruit que les oiseaux, ou d’une discussion qui se prolonge autour du feu. Leurs engagements sont également au cœur du projet, avec une part des bénéfices consacrée à des actions de conservation et de soutien aux communautés locales en Tanzanie.

Une première nuit pour entrer doucement dans le voyage

L’aventure commence à Arusha, au Laba Mama Simba. Après un long vol international, nous préférons toujours offrir une première nuit à nos voyageurs pour se poser, reprendre son souffle et commencer à sentir la Tanzanie avant de partir vers les grands parcs.

À seulement quelques minutes de l’aéroport du Kilimandjaro, le lodge s’étend au sein d’un domaine privé de 700 hectares. Les jardins, les grands arbres, la silhouette du mont Meru au loin et les girafes qui vivent sur la propriété créent une transition très douce entre le quotidien et la brousse.

Cette première soirée est aussi le moment de faire connaissance avec son guide, de revoir l’itinéraire, de parler de ses envies particulières — photographie, oiseaux, grands félins, culture massaï, voyage en famille — et de se laisser gagner par cette excitation très particulière qui précède un safari.

Le Ngorongoro, un monde à part

La route monte ensuite vers les hauts plateaux et le cratère du Ngorongoro. Le paysage change peu à peu : les terres agricoles, les forêts d’altitude, les villages masaï et cette lumière souvent changeante qui donne au relief une dimension presque théâtrale.

Laba Ngorongoro Crater est installé à proximité de la crête et de l’entrée du parc. Une situation précieuse, car elle permet de descendre tôt dans le cratère, lorsque les animaux sont encore actifs et que la lumière révèle les volumes de cette immense caldeira.

Pendant deux nuits, on prend le temps de découvrir ce paysage extraordinaire. Le cratère concentre une faune remarquable : éléphants, buffles, zèbres, lions, hippopotames, flamants roses selon les saisons et, parfois, rhinocéros noirs. Mais au-delà de l’émotion de l’observation, c’est la sensation d’être au cœur d’un écosystème presque clos qui marque les esprits.

Les soirées au lodge permettent de retrouver la fraîcheur des hauteurs, de dîner tranquillement et de mesurer le privilège de dormir si près de l’un des paysages les plus emblématiques d’Afrique de l’Est.

Le Serengeti central, l’Afrique des grands horizons

Puis vient le Serengeti. Il y a d’abord ce moment où la route s’ouvre sur les plaines. Rien ne prépare vraiment à cette impression d’espace. L’horizon semble ne jamais finir, les kopjes surgissent comme des îles de pierre, les acacias dessinent leurs silhouettes familières et la vie animale apparaît partout.

Au cœur du Serengeti central, Out of Africa Legend by Laba Explorer retrouve l’esprit des grands safaris d’autrefois. Des tentes éloignées les unes des autres, une décoration élégante sans être ostentatoire, une atmosphère de campement au milieu de la nature : c’est une adresse pensée pour ceux qui aiment sentir qu’ils dorment réellement dans la brousse.

Trois nuits permettent de s’imprégner du rythme du parc. Partir très tôt, lorsque la savane est encore fraîche ; s’arrêter pour un café face à une famille d’éléphants ; suivre les traces d’un léopard ; déjeuner en pleine nature ; revenir au camp lorsque le soleil descend sur les herbes hautes… Ici, chaque journée se construit avec le guide, selon ce que la nature offre.

Les plus rêveurs pourront aussi choisir de survoler le Serengeti en montgolfière. Une expérience qui ne se résume pas à la vue : le silence, les premiers rayons du soleil, l’ombre de la nacelle sur les plaines et cette impression de flotter au-dessus d’un monde vivant.

Suivre la migration plutôt que la devancer

Le Laba Migration Camp est l’une des pièces maîtresses de ce voyage. Comme les troupeaux de gnous et de zèbres qu’il accompagne, le camp change d’emplacement au fil de l’année afin de se rapprocher des grandes étapes de la migration.

C’est une façon très juste de voyager : ne pas forcer la nature à correspondre à un programme, mais adapter le programme à ce qu’elle raconte. Selon la saison, le camp sera donc installé dans la zone la plus pertinente pour observer la migration, ses immenses rassemblements, les naissances ou les traversées de rivières.

Le décor s’inspire des cabinets de curiosités et des voyages d’exploration : minéraux, fossiles, pièces anciennes, malles de voyage, tissus enveloppants… Julie et Xavier y ont créé une atmosphère très singulière, qui évoque davantage une demeure de collectionneurs en pleine savane qu’un camp de safari conventionnel.

On y séjourne trois nuits, afin de ne pas réduire cette rencontre avec le Serengeti à une simple quête de spectacle. La migration est mouvante, imprévisible, parfois silencieuse ; elle se vit avec patience. Et c’est souvent dans les temps d’attente que les plus beaux moments apparaissent.

Le Serengeti occidental, quand l’art dialogue avec la savane

Le voyage se poursuit vers l’ouest du Serengeti, à Laba Grumeti Art Lodge. C’est sans doute l’adresse la plus personnelle de la collection, celle qui raconte le mieux le regard de Julie et Xavier sur l’Afrique contemporaine.

Lorsqu’ils ont découvert ce site perché au-dessus des plaines, loin des autres lodges, ils ont imaginé un lieu aux allures de forteresse africaine : des murs de pierre, de grandes portes sculptées, des tentes intégrées à l’architecture, et la savane comme décor permanent.

Mais c’est l’art qui donne au lieu son âme. Après avoir découvert le travail de l’artiste sud-africaine Zizipho Poswa à la Biennale de Paris, Julie et Xavier ont choisi de réunir des œuvres de dix artistes africains contemporains. Quarante-deux pièces sont aujourd’hui installées dans les espaces communs et les douze suites du lodge. Sculptures, céramiques, mobilier et objets racontent une Afrique créative, vibrante et actuelle, sans jamais détourner le regard du paysage.

Trois nuits ici permettent d’achever le safari dans un autre tempo. Les safaris continuent, naturellement, mais on peut aussi choisir de ralentir : savourer un déjeuner qui s’éternise, s’installer devant la plaine, découvrir les œuvres, lire, nager, ou simplement regarder la lumière changer sur les herbes du Serengeti.

Fanjove, l’île que l’on ne rejoint pas par hasard

Après douze nuits dans le nord de la Tanzanie, le voyage se prolonge sur Fanjove Island, dans l’archipel de Songo Songo. Il faut rejoindre la côte, puis l’île : une arrivée qui fait déjà partie de l’expérience.

Fanjove est petite, presque dessinée pour la robinsonnade : du sable blanc, des cocotiers, une mer d’un bleu profond, un ancien phare et un récif qui se découvre dès les premiers mètres dans l’eau. C’est le contrepoint idéal après l’intensité du safari.

Cinq nuits permettent de vraiment se poser. De nager avant le petit déjeuner, de partir explorer le récif en snorkeling, de glisser en kayak le long de la côte, de prendre un dhow au coucher du soleil ou de partir observer les dauphins et les tortues, toujours sans promesse ni mise en scène.

Les villas de Laba Fanjove Island prolongent l’esprit de la collection : une élégance naturelle, des matières locales, de l’espace, et le sentiment précieux d’être presque seul au monde. Le spa et sa balnéothérapie complètent cette parenthèse, sans jamais faire oublier que le plus beau luxe de l’île reste ce calme absolu.

Ce voyage est une invitation à vivre plusieurs Tanzanie en une seule histoire : celle des terres volcaniques, des grandes migrations, des artistes contemporains, des camps de toile et de l’océan Indien. Une Tanzanie à parcourir lentement, avec le temps nécessaire pour qu’elle devienne, peut-être, l’un de ces voyages que l’on n’oublie jamais.

Cet article est la propriété de Mon Plus Beau Voyage.

Crédits photos : Laba Laba

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